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« AULTRE NE VEUILLE »  Je suis bien comme je suis

Le Château

Un peu d'Histoire

L’origine du domaine remonte à 1138 et se confond pendant cinq siècles avec la famille ARDENAY qui lui donna son nom. Le premier seigneur de cette lignée, Drogon de Malmouche, y établit un château féodal entoure de douves sèches au sommet d’une butte surplombant la région.

 

Faute d’héritier mâle (...) le domaine est cédé en 1602 aux Lenfernat, grande famille aristocratique (12e siècle) du Loiret puis revendu en 1632 aux Levasseur qui le conserve pendant trois générations.

Suzanne du Voisin, marquise de Cogners marquera l’histoire de cette autre grande lignée par sa conversion au protestantisme. Après un édit du Parlement régional ordonnant la destruction du temple dans le village d’Ardenay-sur-Mérize, elle accueillera secrètement ses coreligionnaires dans les caves du château. Mise en danger, elle abjure la foi calviniste en épousant un grand seigneur catholique, Huguet de Semoncille, originaire d’Orléans.

 

En 1742 le château féodal est arasé. L’architecte Mathurin II Riballier est charge d’édifier un château d’agrément. La famille ne put mener à bien cette lourde charge.

 

En 1767 le domaine est cédé à Jean-Baptiste Jacques LEPRINCE, anobli depuis 1763 par l’acquisition d’une charge héréditaire de « conseiller-secrétaire du roi ». La famille était l’une des plus riches du Maine grâce à sa fabrique de bougies vendues dans les plus hautes cours d’Europe. La devise familiale se passe de commentaires : « le prince veille sur les abeilles ». Son fils* (Jean-Baptiste Henri) multiplie par quatre la fortune familiale. Il succède à son père en 1785 et termine les travaux.

Homme des Lumières, avocat au Parlement de Paris, voyageur européen, après différentes fonctions électives il devient en 1790-1791, maire du Mans. Ses Mémoires (1801-1817) et livres de comptes sont conservées dans nos archives. Elles nous renseignent sur la vie quotidienne au château, l’ameublement des pièces, la bibliothèque, les fêtes, ses « penchants »… Inscrit sur la liste des suspects en 1793 il termine la révolution dans le domaine sous la garde des paysans qu’il emploiera en ces temps de chômage à l’embellir.

En 1819, faute de progéniture le domaine revient à sa nièce adoptive, mademoiselle Gauvin de Biard. Célibataire, pieuse, d’une grande générosité elle fut qualifiée de « mère des pauvres et grande bienfaitrice de la paroisse ».

 

En 1846, elle lègue le domaine (à l’époque plusieurs milliers d’hectares) à sa cousine la Marquise Charlotte-Amélie Robert de Beauregard. Par mariage il deviendra la propriété de la famille Gastines-Dommaigne qui le conservera jusqu’en 1985 devise : « Aultre ne veuille » je suis bien comme je suis.

 

En 1870, le prince Frédéric-Charles, frère du Roi de Prusse, généralissime des armées allemandes réquisitionne le château. Le bain de sang marquant la fin de la guerre et la défaite du général Chanzy épargnera « miraculeusement » le château d'Ardenay-sur-Mérize de quelques kilomètres. Sa propriétaire édifiera alors le « rond de la Vierge » en milieu de forêt et la chapelle de même nom, à l’intérieur du château.

 

A Noël 1916, le général américain Pershing vient fêter l’événement avec son état-major et marque d’une grande inscription dans les communs son passage.

 

1940-1944, les communs sont réquisitionnés par l’armée allemande ainsi qu’une chambre du château pour un colonel ce qui obligea le Comte à la cohabitation.

 

En 1985, Pierre et Hélène Lanson de Bonneuil, originaires de Reims, acquièrent le domaine d'ARDENAY SUR MÉRIZE. Ils procèdent à la restauration du château et obtiennent son classement à l’ISMH.

 

En 2000, le domaine est cédé à une famille qui l’occupe jusqu’en 2014 puis en assure la gestion avec un succès marqué au plan sylvo-cynégétique.

Bibliographie :

*LEPRINCE d’ARDENAY

Mémoires d’un notable manceau au siècle des Lumières.

Benoit Hubert

Presses Universitaires de Rennes, 2008